Histoire locale jusqu'en 1914 : (d'après M. François SIMIAN, ancien instituteur du village)

Au début du XIIe siècle, la famille Moustiers possède Les Salles, elle est encore présente au milieu du XIIIe siècle. En 1371, l'évêque de Riez y a juridiction. En 1380, existe un prieuré de deux moines, dépendant de St Victor de Marseille. Cette abbaye existe encore à la révolution.

Au début du XIVe siècle, Les Salles comptent 200 habitants. On en compte 300 en 1765, et 400 en 1851.
Au début du XXe siècle, il existe encore une minoterie et un moulin à huile. On cultive surtout le blé. On y récolte aussi des pommes de terre, des amandes, des fruits, des légumes et des truffes renommées. Avec l'osier qui abonde, les habitants ont établi une fabrique de vannerie. Ils font aussi des instruments aratoires et des articles de pêche.

Histoire de 1914 au barrage : 

De nombreux jeunes gens sont morts sur les champs de bataille et la vie du village s'en ressent. Minoterie et moulin à huile disparaissent, ainsi que les petites industries. L'osier est toujours aussi abondant, mais il n'est plus exploité que par les "romanichels". Les anciens parlent d'un dénommé Sicetti, patron du bar de la place, vannier et musicien amateur qui animait les bals et les fêtes en grattant sur son violon. Sur sa tombe, il fît graver "ici gît Sicetti, dit le vénard qui mourut ni trop tôt, ni trop tard, passants qui lisez ceci, tôt ou tard, vous mourrez aussi".

Le village compte de moins en moins d'habitants. Jusqu'en octobre 1924, il y avait deux classes à l'école, une de filles et une de garçons. A partir de cette date, il n'y a plus qu'une seule classe regroupant filles et garçons, la directrice est Madame Escoffier qui est restée en poste jusqu'en 1940.

Le village est très bien implanté sur les terres d'alluvions très riches des bords du Verdon, à l'entrée du Grand Canyon, mais les paysans sont pauvres...

... Après la guerre de 14, il y avait trois boulangers aux Salles. Petit à petit, on abandonne le four communal, et le village ne compte plus qu'un seul boulanger...

... Au début du siècle, certaines familles pratiquaient l'élevage des vers à soie...

... Comme on a planté beaucoup de chênes truffiers, la récolte des truffes est de plus en plus abondante. A la veille du barrage, ce sont quatre tonnes de truffes que les Sallois apportent au marché de Riez, le mercredi et le samedi...

... Une autre source d'enrichissement pour les Sallois est la lavande. Sur le territoire de la commune, le long d'un canal d'arrosage, on compte sept alambics où l'on distille la lavande.

La vie du village :

Le village est très animé et très vivant. La vie s'écoule à un rytme bien établi, celui des saisons. Tous les jours ce sont les chevaux que l'on amène boire à la fontaine sous les ormes séculaires. Au moment de la fenaison, c'est la ronde des charrettes chargées de foin vers les hangars, les granges et les fenils, et la bonne odeur qui règne partout. Quand les moissons arrivent, ce sont les gerbiers qui se dressent au bord des aires, et la ronde incessante des chevaux et des rouleaux qui écrasent les épis dans une auréole de soleil, de poussière et de taons...

...Cinq à six fois par an, c'était l'époque de la grande lessive. Ce jour-là, branle-bas de combat à la maison ; femmes et enfants étaient occupés. De bon matin on entassait les draps (quelquefois 50) dans de grands cuviers, sur les draps on plaçait une toile, et sur la toile des cendres que l'on achetait parfois chez le boulanger, car il fallait qu'elles soient propres. Sur celles-ci, on versait de l'eau chaude. Cette eau était récupérée au bas des cuviers, dans des bassines, c'était le "lessif". Avec des casseroles, les enfants la reversaient sur les cendres, et ainsi de suite, une grande partie de la journée. Il fallait aussi entretenir le feu sous le cuvier...

Pour lire la suite, rendez vous sur le site de la "Mémoire des Salles sur Verdon".